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Cyril s’est finalement fait choper après avoir caché un moteur sur son vélo dans une course pour amateurs en Dordogne. Faut dire que ses concurrents trouvaient bizarre que ce quadragénaire pas super classé jusque-là puisse flirter avec eux dans les côtes avec une telle aisance, alors qu’eux, trainaient la langue sur le bitume. Et puis, son vélo faisait un bruit bizarre qui posait question. Du coup, à la fin de la course, un coureur mal intentionné est allé cafter aux responsables, leur signifiant qu’il y avait anguille sous roche ou plutôt émeu sous le pédalier. La tricherie a été avérée puisque les contrôleurs ont décelé une batterie enfouie dans le bidon, reliée à un petit moteur caché dans le tube de la selle et permettant d’actionner le pédalier. Un petit stratagème artisanal qui mériterait le prix du Concours Lépine si ce n’avait pas déjà été inventé. Car croyez-vous que cette combine soit le seul fait de ce pauvre coureur qui voulait seulement se détendre les gambettes et rendre son coup de rein  plus efficace. Allez donc demander aux vedettes du Tour de France ! Maintenant qu’on vous filtre toute la tuyauterie interne avant et après la course, il faut bien aller trouver d’autres moyens et le meilleur d’entre eux, c’est de doper le vélo. Il y aurait bien aussi la combine consistant à couper le fromage en prenant des raccourcis à travers les bois, mais cela reste aléatoire tant il y a du monde sur la route. Pour en finir, ce coureur malheureux va être privé de son sport favori, lui qui avait avec son corps une attitude saine, ne touchant à aucun expédient, et qui risque maintenant de noyer son dépit dans l’alcool. Vous imaginez la réaction de sa femme et de ses enfants quand ils ont appris sa forfaiture. Adieu les lauriers, les « Chéri tu m’épates » et les « Papa t’es le meilleur » ! Triste monde que celui de la pédale ! Et pour en rajouter une couche, notre cycliste, déjà bien puni par la honte , risque une sanction pénale puisqu’on n’a rien trouvé de mieux en 2012 que d’inscrire la fraude sportive dans le code. En ce qui me concerne, en tant que cycliste occasionnel  lorsque j’emprunte mon circuit habituel sur la digue du Drac et de l’Isère, combien de fois je me fais dépasser par des vélos électriques alors que j’en bave parfois des ronds de casquette. Croyez- vous que je vais me plaindre à l’arrivée au Comité de l’Egalité, des justes causes et du respect des plus démunis. Non, je ronge mon frein et mon guidon aussi, et je me contente d’insulter dans ma barbe tous ces tricheurs et ces tricheuses de l’effort, les traitant de fainéants, de gros tas et de lourds du cul.