camillo

Tant qu’il y aura dans nos villages le maire, le curé, et le bistrot qui font de la résistance, le patrimoine sera respecté et on ne pourra pas encore parler de désertification. Et comme à St Lizier en Ariège, lorsque le maire et le curé mettent la main dans la caisse, c’est un bonheur en plus, surtout pour l’observateur que je suis, friand de ces petites histoires truculentes, qui le sont moins évidemment pour les administrés de l’édile, et pour les ouailles du prêtre. Pour ce dernier, c’est un pactole de 660 000 euros qu’il s’est mis dans la poche, représentant la vente de bougies. Qui aurait pensé que ces bâtons de cire puissent rapporter autant ? Comme j’aurais aimé être de mèche avec l'abbé ! Il a ouvert 17 comptes bancaires pour mieux disperser les deniers.  Le Maire, quant à lui a vu moins grand, sans doute par manque d’opportunité. Les enquêteurs estiment qu’il a pu détourner en trois ans la somme de 32 000 euros, intéressé qu’il était sur la vente des cierges et donc complice, et 8 000 euros supplémentaires provenant du monnayeur électrique permettant aux visiteurs d’éclairer les deux églises romanes qu’abrite le village. Une idée suprêmement gothique ! Je ne sais s’il y avait des parcmètres dans la bourgade ou des chiottes payants mais on peut deviner aisément où partaient les recettes. St Lizier, soyez bon et touchez en un mot au grand patron pour qu’il les exauce. Le curé qui affiche 82 ans, et le maire qui en compte 74 sont tous les deux à la retraite et quand on sait combien leurs revenus vont être rognés à la sauce CSG, spécialité du Chef Macron, il fallait bien qu’ils prennent les devants. Signalons aussi qu’un comité de soutien s’est créé envers ces drôles de paroissiens. Peut-être que le curé servait l’apéro facilement après la messe, et que le maire avait lui aussi des gestes sympas envers ses administrés. Au début de mon préambule, j’ai occulté l’instituteur qui, même s’il a perdu de son aura, compte encore aujourd’hui dans un village, surtout s’il est dans une école à classe unique. S’il existe, ça ne serait pas étonnant qu’il soit allé fouiller dans les cartables des mouflets pour y dénicher la petite pièce destinée au carambar. Mes bien chers sœurs et frères, décidément, St Lizier mérite le détour, et pour ses églises romanes, également ! Les juges doivent trancher ce jeudi sur le sort de l’ecclésiastique qui a fait appel de son 1er procès, quant au maire honoraire, il sera jugé en début d’année prochaine. « Accusare nemo se debet nisi coram deo » :  Personne n’est obligé de s’accuser lui-même si ce n’est en face de Dieu.

Nul besoin d’être cinéphile pour reconnaître les deux personnages de mon illustration ? Don Camillo et Peppone, incontournables pour cette histoire rocambolesque. Je ne me souviens pas qu’ils aient eu à rendre compte de pareils forfaits, mais il ne serait pas étonnant qu’ils aient contribué tous deux à alimenter les caisses de Moscou et du Vatican…