chasse en cours

 

A l’entrée du chemin des Cimentiers, je me suis demandé si je devais aller plus loin. D’abord, j’ai mal interprété la lecture du panneau et j’ai confondu avec « chasse à courre ». Pétouille, me suis-je dit, y z’ont tout de même pas réhabilité cette guignolerie d’un autre âge, réservée dans le passé à une minorité de privilégiés. Couillon, ai-je renchéri, il s’agit de chasseurs chassant à pied qui sont en cours de chasse sous les charmilles chamarrées chatoyantes des chemins champêtres. Des chasseurs qui sont en train de chasser, tout bêtement ! Découvrant pour la première fois cet usage, j’ai poursuivi mon chemin en ayant la nette impression d’être un intrus dans ce coin de campagne ouvert à tous.  Ben voilà, me suis-je encore apostrophé, si tu te prends une volée de plombs dans le buffet ou une balle de gros calibre pour sanglier, tu l’auras voulu car on t’avait prévenu. Et s’il faut se référer au vieil adage disant qu’un homme prévenu en vaut deux, on peut aisément en conclure qu’il vaut mieux en cette circonstance être seul à se promener pour éviter qu’on se retrouve avec une deuxième victime. Et quand je vois tous ces accidents de chasse, je me dis que soit les chasseurs sachant chasser n’avaient pas mis leur panneau d’avertissement, soit le promeneur ne l’avait pas lu. Mais lorsque c’est un chasseur qui est tué par un autre chasseur, allez -vous me demander ? Et bien il l’a été forcément par un chasseur ne sachant pas chasser, et que ce n’est sûrement pas lui qui avait installé le panneau indiquant la chasse en cours, sinon, il aurait su qu’on chassait !