peau d'ane

Ceux qui vont débarquer ici, intéressés qu’ils sont par le conte de Charles Perrault vont en être pour leurs frais. Pardon d’avance, pour cet intitulé trompeur ! Rien à voir, hélas, avec un conte de fée et on serait plutôt dans le sordide et le sanguinolent. Ce sont les Chinois qui viennent se tailler la peau du plus brave des équidés sur les terres africaines. Une sale pratique qui me fait braire et qui mérite d’en appeler à la bécasse de St Trop.  La peau de l’âne aurait des vertus thérapeutiques avec la gélatine qu’elle contient et les pharmaciens Pékinois se font des bourses en or en vendant l’Ejiao, le sirop fabriqué à partir de cette substance. Tous ces bonimenteurs prétendent que ça soigne tous les maux de la Terre, tels que l’anémie, la toux sèche, les troubles de la ménopause, l’insomnie, la fatigue chronique et bien sûr l’impuissance sexuelle. Scélérats que vous êtes, les apothicaires asiatiques ! Vous avez oublié de mentionner les hémorroïdes, la rate qui se dilate, le gésier anémié, le pylore qui se colore, l’épigastre qui s’encastre, le sternum qui se dégomme et le coccyx qui se dévisse. Et pendant ce temps, on massacre les bêtes à grande échelle et on va même jusqu’à les écorcher à vif pour gagner du temps. Le prix de l’animal connaît une surenchère démesurée et la contrebande ne s’est jamais aussi bien portée. Pour réguler cette boucherie de masse, on en est arrivé finalement à construire des abattoirs et à rendre le commerce légal. Quand je pense au petit âne gris de la chanson, je me dis qu’à côté de cette calamité, il n’a pas eu une vie si malheureuse que ça, même s’il est mort un soir au fond de son étable, abandonné des hommes et sans adieu. Et je me dis aussi que si les Chinois veulent soigner leur libido avec la peau de l’âne comme d’autres se la soignent avec de la corne de rhinocéros, on pourrait bien soigner la nôtre avec de la peau de zob asiatique. Brigitte, fais quelque chose !